Critique de "Nestor rend les armes" de Clara Dupont-Monod
Au fond, Nestor est comme son tableau. Imposant et isolé au cœur de la tempête, Nestor n’essaie plus de vaincre et subit sa propre existence. Il élève d’épaisses murailles pour survivre et montrer plus loin sa détresse mais personne ne le voit, et c’est trop tard, il s’écroule. « Le phare veille sur ceux qu’on aime » (P 86).
Nestor rend les armes (Août 2011) de Clara Dupont-Monod, est un récit surprenant qui rend compte de l’histoire d’un homme déchiré par ses déboires. Ce roman, emplit de finesse et de caractère, nous fait découvrir un être nerveux, un « gros père » désagréable, et pourtant très sensible et ordonné.
Nestor et sa femme Mélina sont arrivés comme exilés en France pendant la dictature Argentine. La perte de leur fille unique Margarita fera prendre un tournant désastreux à leurs vies. Nestor se réfugie dans la nourriture et dans la solitude, tandis que Mélina s’abandonne dans l’écriture de cahiers et de lettres à son amie Maria. Puis arrive l’accident ; Mélina se retrouve dans le coma et son mari impuissant est hanté par la mort et rejette la réalité. Seul dans son logis, il se renferme un peu plus et subit son existence monotone et glacée.
Nestor a alors tout perdu, et l’auteur se lance dans le récit de ses journées, divisées entre nourriture et visites à l’hôpital. Nestor se crée une armure entre le réel et lui-même, se renferme et fuit la réalité. C’est à ce moment qu’on découvre que Nestor n’est pas mauvais, mais enclin à un mal-être profond. On commence alors à l’apprécier bien qu’il ne soit pas forcement appréciable. On se retrouve tel un fantôme autour de Nestor, on se sent de plus en plus proche de lui sans pour autant s’y associer, et c’est cela qui fait la force de l’ouvrage. Nestor est comme un ami, un confident qui a changé et qui souffre, sous ses airs maladroits. On le découvre intérieurement et on semble le connaitre depuis toujours. On ressent avec lui son mal-être, son oppression, son désespoir.
Nestor rend les armes (Août 2011) de Clara Dupont-Monod, est un récit surprenant qui rend compte de l’histoire d’un homme déchiré par ses déboires. Ce roman, emplit de finesse et de caractère, nous fait découvrir un être nerveux, un « gros père » désagréable, et pourtant très sensible et ordonné.
Nestor et sa femme Mélina sont arrivés comme exilés en France pendant la dictature Argentine. La perte de leur fille unique Margarita fera prendre un tournant désastreux à leurs vies. Nestor se réfugie dans la nourriture et dans la solitude, tandis que Mélina s’abandonne dans l’écriture de cahiers et de lettres à son amie Maria. Puis arrive l’accident ; Mélina se retrouve dans le coma et son mari impuissant est hanté par la mort et rejette la réalité. Seul dans son logis, il se renferme un peu plus et subit son existence monotone et glacée.
Nestor a alors tout perdu, et l’auteur se lance dans le récit de ses journées, divisées entre nourriture et visites à l’hôpital. Nestor se crée une armure entre le réel et lui-même, se renferme et fuit la réalité. C’est à ce moment qu’on découvre que Nestor n’est pas mauvais, mais enclin à un mal-être profond. On commence alors à l’apprécier bien qu’il ne soit pas forcement appréciable. On se retrouve tel un fantôme autour de Nestor, on se sent de plus en plus proche de lui sans pour autant s’y associer, et c’est cela qui fait la force de l’ouvrage. Nestor est comme un ami, un confident qui a changé et qui souffre, sous ses airs maladroits. On le découvre intérieurement et on semble le connaitre depuis toujours. On ressent avec lui son mal-être, son oppression, son désespoir.
Cependant, on pense qu’il a tout perdu, mais Nestor nous montre le contraire. En effet, il perd encore plus en reniant sa dignité, et en lisant les cahiers de Mélina où il voit ce qu’il représentait pour elle. Il se détruit, corps et esprit, tombe malade, se fait souffrir pour moins ressentir son mal-être.
A ce moment entre dans l’histoire Alice, docteur à l’hôpital, qui se prend d’affection pour Nestor. Cette dernière se reconnait en Nestor, elle se cache comme lui derrière une personnalité qui ne lui correspond pas, derrière des livres de discussion (et Nestor derrière les cahiers de Mélina). Entre eux ils sont eux-mêmes, ils n’ont plus besoin de se cacher, et c’est là qu’on découvre qu’on ne savait en fait rien de Nestor.
Alice est l’aide dont Nestor avait besoin, et le roman nous offre après cette entrée le choix entre trois fins alternatives qui d’après moi se complètent. Ces trois fins sont équiprobables en considérant le début du texte. Cette caractéristique de présenter trois fins est peu retrouvée et laisse au lecteur le choix de sa fin, s’il la veut heureuse, ou non.
Le titre du livre laisse suggérer, avant même le début de la lecture, un abandon, une perte, une défaite, ou encore une souffrance. Ce titre laisse perplexe au début, puisqu’on se demande dans un roman moderne quel genre de défaite ou d’abandon il puisse y avoir, pensant en premier temps à une guerre. On se rend vite compte par la monotonie de vie de Nestor, et par ses déboires que l’abandon est vraiment là, que c’est un abandon face à la vie, qu’il est déchiré et qu’il «rend les armes» face à la souffrance. On peut donc voir que ce n’est pas une fausse impression que nous fournit ce titre, mais qu’il rend réellement compte de l’état d’esprit de Nestor face à la mort, et à sa vie en général.
Pour écrire cet ouvrage, Clara Dupont-Monod utilise un vocabulaire fin et varié qui aide à assimiler les émotions de Nestor. Cela permet aux idées de bien suivre leur cours et la compréhension en est améliorée.
Dans cet ouvrage, Clara Dupont-Monod tente de nous montrer que les apparences, et même les personnalités au premier abord ne sont pas forcement les bonnes. Aussi elle nous montre la souffrance d’un homme dont il ne faut blâmer le handicap ou l’infirmité puisqu'il a plus besoin d'affection qu'il n'y parait, sa détresse étant masquée par un corps et un esprit qui ne le reflète peut être pas. C’est peut être ici une matière à réflexion, une réflexion à engager sur la façon de regarder et d’écouter autrui. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un autre ouvrage de l’auteur mais n’y manquerais pas pour constater la variété entre différentes histoires.
A ce moment entre dans l’histoire Alice, docteur à l’hôpital, qui se prend d’affection pour Nestor. Cette dernière se reconnait en Nestor, elle se cache comme lui derrière une personnalité qui ne lui correspond pas, derrière des livres de discussion (et Nestor derrière les cahiers de Mélina). Entre eux ils sont eux-mêmes, ils n’ont plus besoin de se cacher, et c’est là qu’on découvre qu’on ne savait en fait rien de Nestor.
Alice est l’aide dont Nestor avait besoin, et le roman nous offre après cette entrée le choix entre trois fins alternatives qui d’après moi se complètent. Ces trois fins sont équiprobables en considérant le début du texte. Cette caractéristique de présenter trois fins est peu retrouvée et laisse au lecteur le choix de sa fin, s’il la veut heureuse, ou non.
Le titre du livre laisse suggérer, avant même le début de la lecture, un abandon, une perte, une défaite, ou encore une souffrance. Ce titre laisse perplexe au début, puisqu’on se demande dans un roman moderne quel genre de défaite ou d’abandon il puisse y avoir, pensant en premier temps à une guerre. On se rend vite compte par la monotonie de vie de Nestor, et par ses déboires que l’abandon est vraiment là, que c’est un abandon face à la vie, qu’il est déchiré et qu’il «rend les armes» face à la souffrance. On peut donc voir que ce n’est pas une fausse impression que nous fournit ce titre, mais qu’il rend réellement compte de l’état d’esprit de Nestor face à la mort, et à sa vie en général.
Pour écrire cet ouvrage, Clara Dupont-Monod utilise un vocabulaire fin et varié qui aide à assimiler les émotions de Nestor. Cela permet aux idées de bien suivre leur cours et la compréhension en est améliorée.
Dans cet ouvrage, Clara Dupont-Monod tente de nous montrer que les apparences, et même les personnalités au premier abord ne sont pas forcement les bonnes. Aussi elle nous montre la souffrance d’un homme dont il ne faut blâmer le handicap ou l’infirmité puisqu'il a plus besoin d'affection qu'il n'y parait, sa détresse étant masquée par un corps et un esprit qui ne le reflète peut être pas. C’est peut être ici une matière à réflexion, une réflexion à engager sur la façon de regarder et d’écouter autrui. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un autre ouvrage de l’auteur mais n’y manquerais pas pour constater la variété entre différentes histoires.
Roch F. TS6
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